Don d'ovocytes et double don- Psychologie - 13 janvier 2026
Le recours au don d’ovocytes en pma ou au double don n’est jamais une décision anodine. Même lorsque cette option apparaît comme la plus cohérente sur le plan médical, une question persiste souvent, plus intime, plus silencieuse : suis-je réellement prête ? Cette interrogation ne concerne pas uniquement la compréhension du protocole ou l’acceptation rationnelle du don. Elle touche à des dimensions profondes : le deuil, l’identité, le rapport au corps, la filiation et la manière dont on se projette comme mère. Je suis Célia Dauphin, thérapeute spécialisée en PMA et cet article est destiné à aider les femmes à évaluer leur disponibilité émotionnelle face au don, sans injonction, sans précipitation et sans jugement. Être prête ne signifie pas être sereine face au don d'ovocytes en pma Une idée fréquente consiste à penser qu’il faudrait être totalement apaisée pour s’engager dans un parcours avec don. Or, cliniquement, cette attente est irréaliste. Être prête ne veut pas dire ne plus avoir peur, ne plus douter ou ne plus ressentir de tristesse. Cela signifie plutôt être en capacité de faire de la place à ces émotions sans qu’elles envahissent tout l’espace psychique. Les femmes prêtes au don ne sont pas celles qui n’éprouvent plus rien, mais celles qui peuvent reconnaître leurs ambivalences sans chercher à les nier ou à les forcer. Le don d’ovocytes implique un renoncement à la transmission génétique maternelle. Ce renoncement constitue un deuil réel, même lorsqu’un projet de grossesse est toujours présent. La question n’est pas de savoir si ce deuil est complètement fait — il l’est rarement — mais s’il est reconnu et légitimé intérieurement. Lorsque le deuil est nié ou minimisé, il a tendance à se manifester autrement : culpabilité, colère, sentiment d’injustice ou blocages émotionnels. Être prête au don, c’est souvent avoir commencé à dire : oui, quelque chose est perdu, sans que cette perte annule le désir d’enfant. La génétique occupe une place variable selon les femmes. Pour certaines, elle est centrale ; pour d’autres, elle l’est moins consciemment. Il est important de s’interroger honnêtement sur ce point : non pas pour juger la légitimité du don d'ovocytes en pma, mais pour comprendre ce que représente réellement la transmission biologique dans son histoire personnelle et familiale. Être prête, ce n’est pas considérer que la génétique « ne compte pas », mais avoir réfléchi à la manière dont la maternité peut se construire autrement : par le lien, la présence, l’engagement et l’histoire partagée. Le don d'ovocytes en pma ou le don de spermatozoïdes confronte à une expérience corporelle spécifique : porter un enfant issu d’un tiers génétique. Certaines femmes ressentent une inquiétude diffuse, parfois difficile à nommer, autour de cette idée. La question centrale est la suivante : mon corps est-il vécu comme un simple outil médical, ou puis-je encore l’habiter comme un lieu de vie, de sensations et de transformation ? Être prête au don suppose souvent de réinvestir son corps autrement, en sortant d’une vision strictement fonctionnelle, afin de permettre une intégration corporelle et émotionnelle du projet. Le don d'ovocytes interroge inévitablement la question du récit : celui que l’on se raconte à soi-même, celui que l’on partagera avec son entourage, et celui que l’on transmettra un jour à l’enfant. Être prête ne signifie pas avoir toutes les réponses, mais être en capacité de réfléchir à une histoire cohérente, respectueuse et évolutive. Une histoire qui ne repose ni sur le secret forcé, ni sur une transparence imposée, mais sur une narration ajustée, vivante et incarnée. Beaucoup de femmes abordent le don avec un sentiment d’échec corporel ou identitaire très présent. Lorsque ce vécu occupe toute la scène psychique, il peut fragiliser l’engagement dans le projet. Être prête, ce n’est pas ne plus ressentir cette blessure, mais pouvoir la penser autrement : comme la rencontre avec une limite biologique, et non comme une incapacité personnelle. Un accompagnement thérapeutique peut aider à déplacer ce regard, afin que le projet de don ne soit pas vécu comme une réparation d’un échec, mais comme un choix possible parmi d’autres. Être prête au don d’ovocytes en pma ou au double don ne relève ni d’un état de sérénité absolue, ni d’une décision figée. C’est un processus, souvent évolutif, qui mérite du temps, de l’écoute et parfois un accompagnement. Se poser ces questions n’est pas un signe de fragilité. C’est au contraire une preuve d’engagement et de responsabilité émotionnelle face à un projet de maternité profondément transformant. Odyssée Fertile – Être accompagnée dans la réflexion autour du don Au sein d’Odyssée Fertile, j’accompagne les femmes qui envisagent ou traversent un parcours de PMA avec don d’ovocytes ou double don, à travers des accompagnements individuels et collectifs centrés sur le travail du deuil, la libération psycho-émotionnelle et l’intégration du projet. L’objectif n’est pas de dire s’il faut ou non choisir le don, mais d’offrir un espace sécurisant pour réfléchir, ressentir et avancer à son rythme, avec plus de clarté et de justesse intérieure.Le deuil est-il reconnu, même s’il n’est pas “terminé” ?
Quelle place pour la génétique dans ma représentation de la maternité ?
Le rapport au corps : contenant ou acteur du projet ?
Quelle histoire ai-je envie de raconter ?
Le sentiment d’échec est-il encore trop envahissant ?
Conclusion
Célia dauphin
Thérapeute spécialisée en pma