Accompagnement PMA et fertilité de référence
Accompagnement PMA et fertilité de référence

Catégorie : Fertilité et PMA

20.06.24

Comment aider une amie en parcours PMA : conseils pratiques

Le parcours de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) est souvent rempli de défis émotionnels, physiques et psychologiques. Pour une femme en parcours PMA, le soutien de son entourage peut faire une différence significative pour surmonter les épreuves et trouver la force d'avancer vers son projet de devenir mère. Mais comment offrir une aide véritablement bénéfique ? Comment éviter les maladresses dans ce parcours pma déjà si difficile ?

En tant que thérapeute, spécialisée dans l'accompagnement des femmes en parcours PMA, je vais te partager ici quelques conseils concrets pour apporter à ton amie une aide réelle et bienveillante, et te positionner comme personne ressource pour les proches qui vivent ce parcours.

 

Sois présent(e) pour vraiment comprendre ce qu’elle traverse

Lorsqu'on souhaite aider une amie en parcours PMA, il est souvent difficile de savoir comment s'y prendre. Quelles questions peut-on réellement poser ? Risque-t-on d'être trop intrusif ? Et si on ne pose pas de questions, va-t-elle penser qu'on se désintéresse de ce qu'elle vit ? Sommes-nous vraiment légitimes pour l'écouter alors que nous ne connaissons pas ces difficultés nous-mêmes ?

Je suis certaine que tu t'es déjà posé ces questions si une femme ou un couple de ton entourage traverse ce parcours. Voici quelques pistes qui pourraient t'aider :

Prend le temps de l’écouter activement

L'écoute active est cruciale. Ton amie en parcours PMA a besoin de se confier et de partager ses émotions, parce que crois moi elle vit des montagnes russes internes qui nécessitent qu'elle évacue, dans un cadre empathique et bienveillant. Prend le temps de l'écouter sans interruptions, sans jugements. Offre-lui un espace où elle peut vider son sac en toute sécurité, loin des conseils non sollicités. Ce qu’elle ressent n’appelle pas forcément de réponse, mais juste une oreille attentive, une épaule ou des bras pour la soutenir.

Sois présent(e) même dans les moments de silence

Parfois, ton amie n'aura peut-être pas envie de parler. Cela ne signifie pas que tout va bien. Ta présence, même dans ces moments, peut être réconfortante. Parfois, le simple fait de savoir que quelqu'un est là, prêt à écouter quand elle sera prête à parler, suffit à alléger un peu le poids du parcours PMA. N'hésite pas à poser un cadre avec elle pour la mettre à l'aise et lui donner l'opportunité d'échanger, mais aussi de garder le silence si elle le souhaite. Cela peut être une phrase toute simple : " Je suis là si tu as besoin de parler mais aussi là si tu as besoin de te changer les idées et de garder le silence sur ce que tu traverses".

 

La clé pour aider une amie en parcours PMA : éviter les conseils non sollicités

La maternité suscite toutes sortes de commentaires et de jugements, que ce soit de la part de ceux qui l'ont déjà vécue, de ceux qui attendent l'enfant à venir, ou encore de la société, qui impose souvent l'idée qu'une femme doit "devenir" mère. Ces avis et conseils non sollicités peuvent être particulièrement violents, car ils rappellent sans cesse les difficultés et la condition de celles qui traversent un parcours de PMA.

Si tu souhaites vraiment aider une amie en parcours pma, évite de lui donner des conseils non demandés. Avant de partager une suggestion, demande-lui d'abord si elle est ouverte à recevoir des conseils. Respecter ce besoin de validation est crucial, car cela montre que tu considères ses sentiments et sa situation avec délicatesse et empathie

Respecte son besoin de demander de l’aide

Ton amie reçoit probablement déjà beaucoup de conseils de toutes parts, sans les avoir demandés : « Tu as qu’à partir en vacances", "Tu verras ça viendra tout seul », « Tu as essayé la naturopathie ? » ou encore « Ça viendra quand tu arrêteras d’y penser ! ». Après tout cela, il est important de respecter son espace en évitant d'ajouter à ce flot d'opinions des conseils non sollicités. Si elle a besoin de ton avis, elle saura te le demander. En attendant, ton rôle principal est de lui offrir une oreille attentive et de la soutenir sans la juger.

 

Propose lui des moments de distraction

Souvent, lorsqu'on traverse un parcours de PMA et que les tentatives se multiplient, il devient difficile de "sortir la tête de l'eau". Pour elle, plus rien ne compte autant que ce bébé tant désiré, et ton amie peut avoir tendance à s'oublier. Son esprit est constamment focalisé sur les traitements, les rendez-vous médicaux et les résultats, ce qui peut la submerger et l'empêcher de penser à son propre bien-être.

Dans ces moments-là, il est crucial de lui rappeler l'importance de prendre soin d'elle-même. Encourage-la à se ménager des moments de détente, à s'accorder des pauses pour se ressourcer, et à se souvenir qu'elle est bien plus que ce parcours médical. Parfois, l'accompagner dans une activité relaxante ou simplement être présent(e) pour elle peut faire une énorme différence. En aidant ton amie à retrouver un équilibre, tu l'aideras non seulement à traverser cette période difficile, mais aussi à préserver sa santé mentale et émotionnelle.

Offre-lui des activités pour se changer les idées

Les rendez-vous médicaux, les traitements et l'attente peuvent être épuisants et surtout très contraignants. Propose à ton amie des moments de distraction pour alléger sa charge mentale. Que ce soit une sortie au cinéma, une promenade au parc, ou simplement une soirée tranquille à regarder des films, ces moments peuvent offrir un répit bienvenu, loin du planning des piqûres et des échéances médicales à venir.

Prend l'initiative dans l'organisation

Ton amie peut ne pas avoir l'énergie ou la volonté d'organiser des activités sociales. Prend l'initiative de planifier ces moments de détente. Elle appréciera le fait que tu aies pensé à elle et que tu l'aides à sortir de son quotidien stressant.

 

Offre de l’aide concrète dans son quotidien

Lorsque l'on traverse une situation difficile, il peut être complexe pour beaucoup d'entre nous de savoir demander de l'aide, même si nous en avons vraiment besoin. La peur de déranger, de se montrer en situation de faiblesse ou de se confronter aux jugements extérieurs peut nous freiner. Ainsi, il est souvent plus facile de se replier sur soi-même, aggravant ainsi le sentiment d'isolement.

Pour aider efficacement une amie en difficulté, sans qu'elle ait à le demander, il est essentiel de trouver un juste équilibre entre l'offre de soutien et le respect de son intimité. Propose ton aide de manière discrète et empathique. Offrir ton soutien inconditionnel sans imposer ta présence ou tes solutions.

Allège sa charge mentale

Le parcours PMA est souvent accompagné d'une charge mentale immense. Propose lui de l'aide concrète : faire des courses, préparer un repas, l'accompagner à un rendez-vous médical ou même simplement être là pour une tâche banale. Ces gestes pratiques peuvent alléger son quotidien et lui montrer que tu es là pour elle.

Sois proactive et prête à aider

N'attend pas toujours qu'elle demande de l'aide. Montre-toi proactive en suggérant des manières spécifiques de lui apporter du soutien. Cela peut être aussi simple que de lui envoyer un message pour lui demander comment elle va ou de lui apporter son café préféré.

 

Être présente pour aider une amie en parcours PMA signifie offrir un soutien inconditionnel. Cela implique de l’écouter, de respecter son espace, de proposer des distractions et de l’aider concrètement dans son quotidien. En suivant ces conseils, tu pourras devenir une source précieuse de réconfort et de soutien pour elle durant cette période difficile, et l’aider à traverser un peu plus sereinement cette étape si complexe de sa vie.

Pour en savoir plus sur Odyssée Fertile

Le parcours de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) est souvent rempli de défis émotionnels, physiques et psychologiques. Pour une femme en parcours PMA, le soutien de son entourage peut faire une différence signific...

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22.05.24

Infertilité inexpliquée : comment gérer l'incertitude ?

Vous traversez un parcours d'infertilité et les médecins n'arrivent pas à en identifier la cause ? Vous vous sentez perdue, impuissante face à cette situation qui semble vous échapper complètement ? Je comprends votre détresse. L'infertilité inexpliquée est une épreuve terriblement difficile à vivre pour un couple qui désire fonder une famille.

Malheureusement, vous êtes loin d'être seule dans ce cas. Environ 15% des couples suivis en PMA sont concernés par une infertilité idiopathique, c'est-à-dire sans cause apparente. Malgré tous les examens, l'origine du problème reste un mystère. Et c'est bien ça le plus dur : ne pas savoir pourquoi, ne pas pouvoir agir, être dans le flou total.

En tant que femme, on a souvent tendance à se sentir responsable, à culpabiliser. "C'est peut-être dans ma tête", "Je dois être trop stressée", "Mon corps ne fonctionne pas"... Stop ! Il faut arrêter de vous flageller. Une infertilité n'est jamais de la faute de la femme, ni de l'homme d'ailleurs. C'est la faute à pas de chance, un douloureux concours de circonstances. Vous n'y êtes pour rien.

Bien sûr, certains facteurs comme l'âge, le tabac ou le surpoids peuvent jouer un rôle... Et pourtant, bébé ne vient pas. C'est rageant, j'en conviens.

Alors comment faire face à cette incertitude qui vous ronge ? Comment ne pas devenir folle à force de se poser mille questions sans réponse ? Voici quelques pistes, en tant que thérapeute spécialisée dans l'accompagnement des couples infertiles.

Accepter de ne pas savoir

La première étape, c'est d'accepter cette absence de réponse, aussi frustrante soit-elle. Vous n'êtes pas responsable, vous n'avez rien fait de mal. C'est juste que parfois, la médecine et la biologie n'expliquent pas tout. Il y a encore beaucoup de zones d'ombre dans les mécanismes complexes qui mènent à une grossesse. Votre cas fait partie de ces mystères non élucidés à ce jour.

Je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire, mais essayez de lâcher prise. Arrêtez de chercher à tout prix une explication rationnelle, vous vous épuiserez pour rien. Concentrez-vous plutôt sur ce que vous pouvez maîtriser : votre bien-être au quotidien, votre couple, vos projets. La vie ne s'arrête pas à ce désir d'enfant, même s'il prend une place immense.

Vous faire accompagner

Justement, pour vous aider à garder la tête hors de l'eau dans cette tempête, ne restez pas seule. Entourez-vous, parlez de ce que vous vivez à vos proches, sans honte. Et surtout, faites-vous accompagner par des professionnels.

Un suivi psychologique est essentiel pour mettre des mots sur vos émotions et trouver des ressources. En tant que thérapeute NMO-EMDR, je vous recommande vivement cette approche dans votre situation. La Neurothérapie par les Mouvements Oculaires est une technique avancée dérivée de l'EMDR qui permet de traiter les traumatismes et chocs émotionnels.

Et croyez-moi, un parcours d'infertilité inexpliquée est un véritable traumatisme ! Vos émotions sont chamboulées, votre estime de vous en prend un coup, votre vie de couple aussi. Grâce à des séries de mouvements oculaires, la NMO-EMDR va vous aider à "digérer" et dépasser toutes ces blessures.

Concrètement, je vais vous guider pour vous reconnecter à l'événement perturbant (l'annonce du diagnostic, un échec de FIV...), tout en activant alternativement vos deux hémisphères cérébraux par des stimulations visuelles, auditives ou tactiles.

Bien sûr, revivre ces moments douloureux n'est pas une partie de plaisir. Des émotions désagréables peuvent remonter pendant ou après les séances. Mais c'est le processus normal de guérison ! Petit à petit, vous allez vous libérer du poids de ces souvenirs et retrouver confiance en vous, en votre corps, en votre couple. La NMO-EMDR est vraiment une alliée précieuse pour traverser cette épreuve de l'infertilité inexpliquée.

Rejoindre un groupe de parole

Participer à un groupe d'échanges animé par un professionnel (psychologue, gynécologue, conseiller) peut être d'une grande aide. Cela permet de partager son vécu avec d'autres personnes traversant les mêmes difficultés, dans un climat de bienveillance et de non-jugement.

Les groupes de parole en PMA offrent un espace pour exprimer librement ses émotions, ses doutes, ses espoirs. Échanger avec des pairs aide à se sentir moins seul, à relativiser, à puiser des ressources pour affronter les épreuves. C'est aussi l'occasion d'obtenir des informations et des conseils avisés.

De plus en plus de centres de PMA proposent ces groupes de soutien, en présentiel ou en visioconférence.

Essayer des approches alternatives comme le Fertility Yoga

Le yoga de la fertilité connaît un succès grandissant. Cette variante du Hatha Yoga combine des postures adaptées au cycle féminin, des exercices de respiration et de la méditation. Son but : favoriser l'équilibre hormonal, stimuler la circulation sanguine dans le bassin et apaiser le stress, ce fameux ennemi de la fertilité.

Selon une étude de Harvard, pratiquer le Fertility Yoga 2 fois par semaine pendant 3 mois multiplierait par 3 les chances de réussite d'une FIV.

Bien sûr, le yoga seul ne fait pas de miracles. Mais en réduisant le stress et en reconnectant la femme à son corps, il est un précieux soutien dans un parcours de PMA. Des cours spécifiques sont proposés dans certains studios ou en ligne. Le livre "Fertility Yoga" de Charlotte Muller, pionnière de la méthode en France, peut aussi vous guider pas à pas.

Persévérer malgré les échecs

Je sais à quel point les échecs successifs de PMA sont décourageants. Après plusieurs tentatives infructueuses, l'envie de tout arrêter est grande. Pourtant, la persévérance paie souvent ! De nombreux couples finissent par avoir un enfant après un long parcours semé d'embûches.

Comme Perrine et Sébastien qui témoignent dans La Croix, il faut parfois plusieurs années de traitements pour voir son rêve se réaliser. Leur désir de fonder une famille a été plus fort que tout. Malgré la fatigue physique et psychologique des protocoles à répétition, ils ont tenu bon. Et leurs 3 garçons sont là pour prouver que ça valait le coup !

Bien sûr, il n'y a pas de recette miracle. Chaque couple avance à son rythme, avec ses limites. L'essentiel est de rester soudés et de bien s'entourer. N'hésitez pas à solliciter l'aide de professionnels (médecins, psychologues, associations...) pour vous épauler dans cette épreuve.

Avec un accompagnement bienveillant, vous pourrez petit à petit dépasser vos peurs et vos doutes pour renouveler votre énergie. Car la ténacité est souvent récompensée en PMA ! Même après de multiples échecs, il y a toujours de l'espoir. Alors accrochez-vous à votre beau projet, sans culpabiliser si parfois le découragement vous gagne.

Explorer d'autres pistes

Parallèlement à ce travail sur vous-même, je vous encourage à ouvrir le champ des possibles. Une infertilité inexpliquée ne signifie pas une infertilité définitive. Gardez espoir ! De nombreux couples finissent par concevoir naturellement, parfois plusieurs années après avoir posé le diagnostic. Le temps est votre meilleur allié.

En attendant, vous pouvez aussi envisager un parcours d'Assistance Médicale à la Procréation (PMA). Certes, les traitements sont lourds physiquement et émotionnellement. Mais les techniques ne cessent de s'améliorer. Stimulation ovarienne, insémination, FIV... Discutez des différentes options avec votre médecin, en fonction de votre situation.

Si malgré tout, la PMA ne fonctionne pas, d'autres voies sont possibles pour fonder une famille : l'adoption, le recours à une gestation pour autrui (GPA) à l'étranger, le don d'embryon... Chaque couple choisit son chemin. L'essentiel est de ne pas rester figé dans une quête à tout prix de l'enfant biologique. Votre projet de vie est bien plus large que ça.

Je sais que c'est un deuil très douloureux à faire, celui de la maternité "classique". Mais il ne faut pas le voir comme un échec. C'est une autre histoire à écrire, avec ses joies et ses peines. En tant que professionnelle et femme, je veux vous dire que vous n'êtes pas moins mère si votre enfant ne vient pas de votre ventre. L'amour que vous lui porterez n'en sera pas moins grand et précieux.

Alors si votre parcours d'infertilité inexpliquée doit vous mener vers l'adoption, la GPA ou le don, faites-vous accompagner aussi. Les équipes des centres de PMA sont là pour vous épauler dans cette transition, ce nouveau projet. Des associations de patients sont aussi une ressource formidable pour partager votre vécu avec des personnes qui traversent les mêmes épreuves.

Le mot de la fin

Vous l'aurez compris, le maître-mot face à l'incertitude de l'infertilité inexpliquée est : ne vous isolez pas. Que ce soit auprès de professionnels ou de vos proches, allez chercher du soutien. Cette épreuve est trop lourde à porter seule. Mais ensemble, en activant vos ressources intérieures, vous arriverez à avancer pas après pas. Votre désir d'enfant est légitime et respectable. Battez-vous pour lui donner une chance de se réaliser, d'une manière ou d'une autre.

Je suis Célia, thérapeute NMO-EMDR spécialisée dans l'accompagnement des problématiques d'infertilité et de parcours PMA. Mon rôle est d'être à vos côtés pour vous aider à traverser cette tempête, à ne pas perdre espoir. Vous avez en vous la force et les ressources pour dépasser cette épreuve. Mon job est juste de vous aider à les (re)mobiliser, avec bienveillance et détermination.

Alors si vous vous sentez perdue, découragée par cette incertitude qui pèse sur votre projet de bébé, n'hésitez pas à pousser la porte de mon cabinet. Ensemble, à votre rythme, nous trouverons le chemin vers un nouvel équilibre. L'infertilité inexpliquée n'aura pas le dernier mot, je vous le promets. Gardez confiance. Votre désir d'être mère est plus fort que tout.

Vous traversez un parcours d'infertilité et les médecins n'arrivent pas à en identifier la cause ? Vous vous sentez perdue, impuissante face à cette situation qui semble vous échapper complètement ? Je comprends votre détr...

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21.05.24

Les différences entre PMA, FIV et insémination artificielle

Vous vous découvrez en situation d'infertilité et vous commencez à vous poser des questions sur les solutions médicales d'assistance à la procréation ? Vous n'êtes pas seule. De nombreux couples sont confrontés à des difficultés pour concevoir un enfant. Heureusement, la médecine a fait de grands progrès ces dernières années et propose aujourd'hui différentes techniques pour vous aider à réaliser votre rêve de devenir parents.

Qu'est-ce que la PMA ?

La Procréation Médicalement Assistée (PMA) regroupe l'ensemble des techniques médicales permettant de concevoir un enfant lorsqu'il y a une infertilité. Cela inclut notamment l'insémination artificielle, la fécondation in vitro (FIV), le don de gamètes ou encore l'accueil d'embryon.

L'objectif de la PMA est d'agir sur la reproduction en dehors du cadre naturel, lorsque celle-ci n'est pas possible de façon spontanée. C'est un véritable espoir pour les couples infertiles ou porteurs de maladies graves transmissibles.

En France, les procédures de PMA sont très encadrées par la loi. Elles sont établies au cas par cas pour chaque couple par une équipe médicale pluridisciplinaire spécialisée. Depuis peu, la PMA est accessible à toutes les femmes, qu'elles soient en couple hétérosexuel, homosexuel ou célibataires.

L'insémination artificielle

L'insémination artificielle est la technique de PMA la plus simple. Elle consiste à introduire des spermatozoïdes dans l'utérus de la femme au moment de l'ovulation, pour faciliter la rencontre avec l'ovocyte et augmenter les chances de fécondation.

Concrètement, le sperme est d'abord recueilli et préparé en laboratoire. Puis les spermatozoïdes sélectionnés sont injectés directement dans l'utérus à l'aide d'un fin cathéter. L'intervention est rapide et indolore.

L'insémination peut se faire avec le sperme du conjoint ou d'un donneur. Elle est recommandée en cas d'infertilité inexpliquée, de troubles modérés des spermatozoïdes ou de glaire cervicale inadaptée chez la femme. Après 4 tentatives infructueuses, les chances de succès deviennent faibles.

La fécondation in vitro (FIV)

Contrairement à l'insémination artificielle, la fécondation in vitro se déroule entièrement en laboratoire. L'ovocyte et les spermatozoïdes sont d'abord prélevés séparément. Puis ils sont mis en contact dans une éprouvette pour que la fécondation ait lieu.

Une fois que l'ovocyte est fécondé, l'embryon obtenu est cultivé pendant quelques jours avant d'être transféré dans l'utérus de la femme. S'il s'implante correctement, une grossesse débutera.

Il existe différentes variantes de FIV selon la qualité des spermatozoïdes :

  • la FIV classique, où environ 100 000 spermatozoïdes sont déposés autour de chaque ovocyte
  • la FIV avec micro-injection (ICSI), où un seul spermatozoïde est injecté directement dans l'ovocyte
  • la FIV après sélection des spermatozoïdes à fort grossissement (IMSI)

La FIV est indiquée en cas d'infertilité féminine (trompes bouchées, endométriose...), d'infertilité masculine sévère ou d'échec des autres techniques comme l'insémination. C'est un traitement lourd qui nécessite une stimulation ovarienne et une ponction des ovocytes sous anesthésie.

Les risques et contraintes de la PMA

Si la PMA représente un immense espoir, elle comporte aussi certains risques et contraintes qu'il faut connaître avant de se lancer.

Tout d'abord, les traitements de stimulation ovarienne peuvent entraîner des effets secondaires désagréables : prise de poids, sautes d'humeur, gonflement des ovaires... Dans de rares cas, cela peut même conduire à une hyperstimulation sévère nécessitant une hospitalisation.

De plus, les examens répétés comme les échographies et les prises de sang sont souvent vécus comme une contrainte par les couples, en particulier lorsqu'ils doivent se déplacer loin pour se rendre au centre de PMA.

Enfin, malgré tous les efforts fournis, il faut être conscient que la PMA ne fonctionne pas à tous les coups. Les taux de succès varient selon la technique utilisée et l'âge de la femme. L'échec peut être très difficile à vivre psychologiquement.

L'importance du soutien psychologique

Au-delà de l'aspect purement médical, un parcours de PMA représente un véritable défi émotionnel pour le couple. L'incertitude, l'attente, les montagnes russes émotionnelles peuvent être épuisantes à supporter au quotidien.

C'est pourquoi il est essentiel de ne pas rester seul et de s'entourer. Votre médecin ou l'équipe du centre de PMA pourront déjà répondre à vos questions et vous guider. N'hésitez pas à leur faire part de vos doutes et inquiétudes.

Il existe aussi de nombreux groupes de parole et de soutien, en ligne (découvrez la communauté Odyssée Fertile ici) ou en présentiel, qui permettent d'échanger avec d'autres personnes vivant la même chose. Partager son vécu et se sentir compris peut faire beaucoup de bien. Certains centres de PMA proposent également des séances gratuites animées par des professionnels.

Enfin, un suivi psychologique individuel ou en couple peut être très bénéfique pour traverser cette épreuve. Le/la psychologue vous aidera à mettre des mots sur vos émotions, à communiquer, à prendre du recul. Son soutien vous permettra de mieux vivre les étapes du parcours.

En parallèle, les thérapies douces comme l'acupuncture, la NMO-EMDR ou l'hypnose peuvent vous aider à mieux gérer votre stress et à vous détendre. Elles sont complémentaires du traitement médical et favorisent un meilleur équilibre corps-esprit.

Conclusion

En conclusion, se lancer dans un parcours de PMA est une décision importante qui doit être mûrement réfléchie. Cela demande un grand investissement personnel, à la fois physique et psychologique. Les différentes techniques comme l'insémination ou la FIV offrent de réelles chances de concrétiser votre projet de bébé, mais le chemin peut être long et semé d'embûches.

Le plus important est de bien vous entourer et de ne pas vivre cela tout seul. N'ayez pas peur de demander de l'aide, que ce soit à vos proches, aux équipes médicales ou à des professionnels du soutien psychologique. Vous avez le droit de souffler, de douter, de craquer parfois. Mais gardez espoir et confiance en vous. Votre bébé est au bout du chemin.

Vous vous découvrez en situation d'infertilité et vous commencez à vous poser des questions sur les solutions médicales d'assistance à la procréation ? Vous n'êtes pas seule. De nombreux couples sont confrontés à des diffi...

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17.05.24

L'importance du soutien psychologique dans le cadre d'un parcours PMA

Vous êtes engagée dans un parcours de PMA, ou vous envisagez de vous lancer dans cette aventure ? Sachez que vous n'êtes pas seule. De nombreuses femmes vivent cette expérience, avec son lot de défis émotionnels. Dans cet article, nous allons explorer l'importance cruciale du soutien psychologique tout au long de votre parcours PMA, pour vous aider à traverser cette période intense et à garder espoir.

Les montagnes russes émotionnelles du parcours PMA

Un parcours de PMA est souvent décrit comme des montagnes russes émotionnelles. Vous oscillez entre l'espoir et la déception, au gré des tentatives et des résultats. Chaque cycle commence par une phase d'anticipation et d'optimisme, portée par le désir profond de donner la vie. Puis vient le temps de l'attente, où l'incertitude peut générer stress et anxiété. Et si le résultat est négatif, c'est une vague de tristesse, de colère parfois, qui peut vous submerger.

Ces hauts et ces bas émotionnels peuvent se répéter pendant des mois, voire des années, jusqu'à ce que votre rêve de maternité se concrétise enfin. Cette instabilité émotionnelle peut être épuisante, tant physiquement que psychologiquement. Vous pouvez vous sentir isolée, incomprise, et avoir l'impression de perdre pied. C'est là que le soutien psychologique prend tout son sens.

L'importance d'un entourage bienveillant

Face à cette tempête émotionnelle, il est essentiel de pouvoir compter sur un entourage bienveillant et compréhensif. Votre partenaire, votre famille, vos amis proches peuvent être des piliers sur lesquels vous appuyer. N'hésitez pas à leur exprimer vos besoins, à partager vos ressentis avec ceux en qui vous avez confiance. Leur écoute et leur empathie peuvent être d'un grand réconfort dans les moments difficiles.

Cependant, il est parfois compliqué de se livrer à ses proches sur un sujet aussi intime et douloureux. Vous pouvez avoir peur de les inquiéter, de les lasser avec vos préoccupations. Ou bien vous avez l'impression qu'ils ne peuvent pas vraiment comprendre ce que vous traversez. C'est normal. Le soutien de professionnels peut alors être une ressource précieuse.

Se faire accompagner par des professionnels

En parallèle du soutien médical, il est vivement recommandé de bénéficier d'un accompagnement psychologique adapté pendant votre parcours PMA. Cela peut prendre différentes formes, selon vos besoins et vos affinités.

Certains centres de PMA proposent des consultations avec un psychologue spécialisé. C'est l'occasion d'exprimer vos craintes, de travailler sur votre vécu, dans un cadre bienveillant et confidentiel. Ces échanges peuvent vous aider à mieux gérer vos émotions, à renforcer votre capacité à faire face aux aléas du parcours.

Vous pouvez aussi choisir un suivi thérapeutique en dehors de votre centre. Plusieurs approches sont possibles, des thérapies classiques aux méthodes plus alternatives. L'essentiel est de trouver un thérapeute en qui vous avez confiance, et une approche qui vous convient.

Explorer différentes approches thérapeutiques

En plus des psychothérapies classiques, il existe de nombreuses autres approches qui peuvent vous apporter un mieux-être pendant votre parcours PMA. Certaines femmes trouvent un grand bénéfice dans les thérapies brèves, comme l'hypnose ou la PNL. Ces méthodes permettent de travailler sur son inconscient, pour dépasser certains blocages et mieux gérer son stress.

D'autres se tournent vers des soins plus énergétiques, comme l'acupuncture, le reiki ou le yoga. Ces pratiques ancestrales visent à rééquilibrer les énergies du corps et de l'esprit. Elles peuvent favoriser une meilleure gestion du stress, et apporter une sensation de détente et d'apaisement.

En ce qui me concerne, j'utilise la thérapie NMO-EMDR pour accompagner les femmes en parcours PMA. Cette approche permet de "reprogrammer" le cerveau, pour l'aider à mieux gérer les émotions intenses et le stress chronique. En quelques séances, il est possible de retrouver un équilibre émotionnel et de renforcer ses ressources intérieures.

La NMO-EMDR, un soutien psychologique idéal pour un parcours PMA

La thérapie NMO-EMDR (Neuro-Motrice Oculaire - Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une approche particulièrement adaptée pour accompagner les femmes en parcours PMA. Cette méthode permet de traiter les traumatismes et les blocages émotionnels en stimulant les connexions neuronales par des mouvements oculaires. En quelques séances, il est possible de diminuer significativement le stress, l'anxiété et les pensées négatives liées au parcours.

La NMO-EMDR aide à renforcer les ressources intérieures, à retrouver confiance en soi et en son corps. Elle permet aussi de se projeter positivement dans l'avenir, en visualisant sereinement les étapes à venir. Cette thérapie douce et rapide est un véritable soutien pour traverser les tempêtes émotionnelles de la PMA, et se préparer à accueillir son bébé dans les meilleures dispositions. Si vous ressentez le besoin d'être accompagnée, n'hésitez pas à vous renseigner sur cette approche innovante et efficace.

Comment faire comprendre à ses proches qu'on a besoin de soutien psychologique

Il n'est pas toujours facile d'exprimer à ses proches qu'on ressent le besoin d'un soutien psychologique. On peut avoir peur de les inquiéter, de passer pour quelqu'un de "faible" ou de "fou". Pourtant, il est essentiel de pouvoir communiquer sur ce besoin légitime.

Vous pouvez commencer par expliquer que le parcours PMA est une expérience très intense émotionnellement, et que vous ressentez le besoin d'être accompagnée pour traverser cette épreuve. Rassurez vos proches sur le fait que leur soutien vous est précieux, mais que l'aide d'un professionnel vous semble importante en complément.

N'hésitez pas à partager avec eux des articles ou des témoignages qui évoquent l'importance du soutien psychologique en PMA. Vous pouvez aussi leur proposer de vous accompagner à une séance, s'ils le souhaitent, pour qu'ils comprennent mieux la démarche. L'essentiel est d'exprimer votre besoin avec authenticité et bienveillance, pour que vos proches puissent l'entendre et le respecter.

Comment expliquer à ses proches que certaines questions vous blessent

Quand on est en parcours PMA, on peut être confronté à des questions maladroites ou blessantes de la part de son entourage. "Alors, c'est pour quand le bébé ?", "Pourquoi tu ne fais pas ci ou ça ?", "Tu es sûre que c'est une bonne idée de continuer ?"... Autant de remarques qui peuvent vous faire du mal, même si elles partent souvent d'une bonne intention.

Pour préserver votre bien-être émotionnel, il faut parfois poser des limites avec vos proches. Vous pouvez leur expliquer en douceur que certains sujets sont sensibles pour vous en ce moment, et que vous préféreriez ne pas en parler. Ou bien leur dire que vous comprenez leur sollicitude, mais que leurs questions vous mettent parfois mal à l'aise.

N'hésitez pas à être direct et authentique, tout en restant bienveillant. Vous pouvez par exemple leur dire : "Je sais que tu t'inquiètes pour moi, mais cette question me blesse. J'ai besoin de ton soutien, pas de tes conseils." Ou encore : "Quand tu me demandes si je suis enceinte, ça me rappelle douloureusement que ce n'est pas encore le cas. Je préfère qu'on évite d'en parler pour l'instant."

Bref ! En communiquant clairement vos besoins et vos limites, vous aidez vos proches à vous soutenir de la meilleure façon possible. Et vous vous protégez émotionnellement, pour vivre votre parcours PMA le plus sereinement possible.

Osez demander de l'aide

Quel que soit le type d'accompagnement que vous choisissez, l'essentiel est d'oser demander de l'aide. Votre parcours PMA est une expérience unique et personnelle, mais vous n'avez pas à la vivre seule. Entourez-vous de personnes bienveillantes, de professionnels à votre écoute, qui sauront vous épauler dans cette aventure.

Prendre soin de votre équilibre psychologique, c'est vous donner les meilleures chances de vivre sereinement votre parcours, et d'accueillir votre bébé dans les meilleures conditions. C'est aussi un acte d'amour envers vous-même, une façon de reconnaître la légitimité de vos émotions et l'importance de votre bien-être.

Alors n'hésitez plus, offrez-vous le soutien dont vous avez besoin. Votre parcours PMA est une étape de vie intense, mais avec les bonnes ressources, vous avez toutes les cartes en main pour la traverser avec résilience et en sortir grandie. Gardez espoir, votre bébé est au bout du chemin.

Vous êtes engagée dans un parcours de PMA, ou vous envisagez de vous lancer dans cette aventure ? Sachez que vous n'êtes pas seule. De nombreuses femmes vivent cette expérience, avec son lot de défis émoti...

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17.05.24

7 choses à ne pas dire à une femme qui souffre d'infertilité

L'infertilité est une épreuve douloureuse pour de nombreux couples. Si vous avez une amie ou un proche qui traverse cette situation, vous voulez sûrement la soutenir de votre mieux. Mais parfois, même avec les meilleures intentions du monde, on peut blesser par des paroles maladroites. Voici 7 choses à éviter de dire à une femme en parcours d'infertilité, et pourquoi.

"Détends-toi, ça va bien finir par arriver !"

Cette phrase, souvent prononcée dans l'intention de rassurer, peut en réalité être très blessante pour une femme qui lutte contre l'infertilité.

Tout d'abord, elle sous-entend que c'est le stress qui empêche la conception, comme si l'infertilité était causée par un simple état d'esprit. Or, l'infertilité est une condition médicale complexe, qui peut avoir de multiples causes physiologiques. Dire à une femme de se détendre, c'est minimiser la réalité de sa situation et la culpabiliser en lui faisant porter la responsabilité de son infertilité.

De plus, cette remarque laisse penser qu'il suffirait de se relaxer pour que le problème se résolve comme par magie. Mais pour la plupart des couples infertiles, le chemin vers la parentalité est long et semé d'embûches. Cela demande des traitements médicaux lourds, des procédures invasives, et beaucoup de patience et de résilience. Suggérer que la solution est simple et à portée de main, c'est nier la complexité de leur parcours.

Enfin, affirmer que "ça va bien finir par arriver", c'est faire une promesse que vous ne pouvez pas tenir. Malheureusement, malgré tous leurs efforts, certains couples n'arriveront jamais à avoir un enfant biologique. Leur laisser croire le contraire, c'est leur donner de faux espoirs et rendre la déception encore plus cruelle.

Alors au lieu de minimiser leur souffrance avec des phrases toutes faites, offrez-leur une écoute bienveillante et sans jugement. Reconnaissez la difficulté de ce qu'ils traversent, et faites-leur savoir que vous êtes là pour eux, quoi qu'il arrive. C'est le plus beau soutien que vous puissiez leur apporter.

"Vous avez pensé à l'adoption ?"

L'adoption est un merveilleux projet qui permet à de nombreux enfants de trouver une famille aimante. Mais suggérer l'adoption à un couple en parcours d'infertilité peut être maladroit et blessant, pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, cela peut donner l'impression que vous ne croyez pas en leurs chances d'avoir un enfant biologique. Quand on lutte contre l'infertilité, on s'accroche à l'espoir de porter son enfant, de lui transmettre ses gènes. Même si l'adoption est une option envisageable, elle ne remplace pas ce désir profond. En la suggérant d'emblée, vous niez la légitimité de leur combat.

De plus, l'adoption est un processus long, complexe et éprouvant, tant sur le plan administratif qu'émotionnel. Ce n'est pas une décision qui se prend à la légère, sous l'impulsion d'un conseil extérieur. C'est un cheminement très personnel, qui demande beaucoup de réflexion et de préparation. En posant cette question, vous mettez le couple face à une pression supplémentaire, alors qu'ils ont besoin de cheminer à leur rythme.

Enfin, en présentant l'adoption comme une alternative évidente à l'infertilité, vous minimisez la souffrance du couple. Vous laissez entendre qu'il y a une solution simple à leur problème, et que s'ils ne la saisissent pas, c'est qu'ils s'entêtent pour rien. Or, le deuil de la fertilité est un processus long et douloureux, qui ne peut être balayé d'un revers de main.

Bien sûr, si le couple aborde lui-même le sujet de l'adoption, vous pouvez les écouter et les soutenir dans leur réflexion. Mais évitez d'imposer cette option comme une évidence ou une solution miracle. Respectez leur cheminement, leurs choix, et laissez-les avancer à leur rythme sur ce chemin si personnel qu'est la construction de leur famille.

"Ça pourrait être pire"

Quand on veut réconforter un proche qui traverse une épreuve, il peut être tentant de relativiser en disant "ça pourrait être pire". Mais face à l'infertilité, cette remarque est souvent plus blessante qu'autre chose.

Bien sûr, dans l'absolu, il y a toujours une situation plus grave que la sienne. Mais cela ne rend pas pour autant sa souffrance moins légitime ou moins intense. Dire "ça pourrait être pire", c'est minimiser la douleur vécue, comme si elle n'était pas assez importante pour être reconnue.

De plus, cette phrase laisse entendre qu'il faudrait se réjouir de ne pas avoir de problème plus grave, comme si l'infertilité était finalement un moindre mal. Mais pour ceux qui rêvent de fonder une famille, c'est un véritable drame qui remet en question tous leurs projets de vie. Leur dire qu'ils devraient relativiser, c'est nier l'importance de leur désir d'enfant.

Enfin, comparer les souffrances n'a pas de sens et n'apporte aucun réconfort. Chaque épreuve est unique et vécue différemment selon les individus. Ce n'est pas parce que d'autres vivent des choses terribles que la douleur de l'infertilité est moins valable ou plus facile à porter.

Alors au lieu de chercher à minimiser leur peine, accueillez-la avec bienveillance et compassion. Reconnaissez la difficulté de ce qu'ils traversent, sans jugement ni comparaison. Faites-leur savoir que leur souffrance est légitime et que vous êtes là pour les soutenir, quelle que soit l'issue de leur parcours. C'est ce dont ils ont besoin pour se sentir compris et épaulés dans cette épreuve.

"Tu devrais essayer telle méthode, ma cousine est tombée enceinte grâce à ça !"

Quand on voit un proche souffrir d'infertilité, il est naturel de vouloir l'aider en partageant des conseils ou des expériences positives. Mais suggérer une méthode miracle, même avec les meilleures intentions du monde, peut être contre-productif et blessant.

Tout d'abord, chaque parcours d'infertilité est unique. Les causes sont multiples et souvent complexes, et ce qui a fonctionné pour l'un ne marchera pas nécessairement pour l'autre. En suggérant une solution toute faite, vous laissez entendre que leur problème est simple et que s'ils n'y ont pas pensé, c'est qu'ils ne se donnent pas assez de mal. C'est une forme de jugement qui peut être très culpabilisante.

De plus, les couples infertiles sont généralement très bien informés sur les différentes options qui s'offrent à eux. Ils ont fait de nombreuses recherches, consulté des spécialistes, et sont accompagnés par des professionnels. Ils n'ont pas besoin qu'on leur dise quoi faire, mais plutôt qu'on fasse confiance à leurs choix et qu'on respecte leur expertise sur leur propre situation.

Par ailleurs, partager des "success stories" peut donner de faux espoirs et rendre la déception encore plus cruelle si ça ne fonctionne pas. Chaque annonce de grossesse dans l'entourage est déjà une épreuve pour un couple infertile, car elle ravive leur propre douleur. Alors brandir ces exemples comme des promesses, c'est risquer de les blesser davantage.

Enfin, se focaliser sur les solutions pratiques, c'est occulter la souffrance émotionnelle liée à l'infertilité. Plus que des conseils, les couples ont souvent besoin de se sentir compris et soutenus dans ce qu'ils traversent. Ils ont besoin qu'on reconnaisse la difficulté de leur parcours, sans chercher à tout prix à le "réparer".

"Profitez-en, vous avez de la chance de pouvoir dormir !"

Sous-entendre qu'un couple sans enfant a de la chance, c'est minimiser leur souffrance. Bien sûr, avoir des enfants implique des nuits courtes et peu de temps pour soi. Mais pour ceux qui désirent fonder une famille, ces contraintes sont bien peu de choses comparées au bonheur d'être parent. Alors évitez les comparaisons maladroites et concentrez-vous plutôt sur leur ressenti.

"Tu es encore jeune, tu as le temps !"

Dire à une femme qu'elle a le temps de faire un bébé plus tard, c'est méconnaître la réalité de l'infertilité. Même si l'âge joue effectivement un rôle, des problèmes de fertilité peuvent survenir à tout âge. De plus, cette remarque nie l'urgence du désir d'enfant. Quand on est prêt à fonder une famille, chaque mois compte et l'attente peut être très douloureuse. Plutôt que de relativiser avec l'âge, reconnaissez la légitimité de leur projet et apportez votre soutien.

"Et si c'était psychologique ?"

Quand un couple rencontre des difficultés à concevoir, il n'est pas rare d'entendre des remarques du type "Et si c'était psychologique ?". Cette question, souvent posée avec bienveillance, peut en réalité être très culpabilisante et blessante pour les personnes concernées.

Tout d'abord, elle sous-entend que l'infertilité est causée par un blocage mental, comme si c'était "dans la tête". Cela revient à nier la réalité médicale de l'infertilité, qui est une condition complexe pouvant avoir de multiples causes physiologiques (problèmes hormonaux, dysfonctionnement des organes reproducteurs, etc.). En suggérant une origine psychologique, on minimise la dimension physique de leur problème.

De plus, cette remarque laisse entendre que la solution est simple : il suffirait de résoudre le blocage psychologique pour que la conception advienne naturellement. C'est une vision réductrice qui fait porter la responsabilité de l'infertilité sur les épaules du couple, et en particulier de la femme. Si elle ne tombe pas enceinte, ce serait de sa faute, car elle n'arrive pas à se libérer de ses freins psychologiques. C'est une pression énorme qui s'ajoute à une situation déjà très éprouvante.

Par ailleurs, même si le stress et les facteurs psychologiques peuvent effectivement jouer un rôle dans l'infertilité, ce n'est jamais la seule cause. Les couples infertiles sont souvent suivis par des spécialistes qui prennent en compte tous les aspects de leur situation, y compris la dimension émotionnelle. Ils n'ont pas besoin qu'on leur suggère des pistes qu'ils ont probablement déjà explorées avec leurs médecins.

L'infertilité est un sujet sensible car elle touche à ce qu'il y a de plus intime : le désir d'enfant, la féminité, la virilité. C'est une épreuve qui ébranle l'identité et les projets de vie. En plus de l'impact émotionnel, les parcours médicaux sont souvent lourds et éprouvants. Alors face à un proche infertile, la meilleure chose à faire est souvent d'écouter avec bienveillance et de se montrer disponible. Chaque mot compte, alors choisissez-les avec douceur et délicatesse.

L'infertilité est une épreuve douloureuse pour de nombreux couples. Si vous avez une amie ou un proche qui traverse cette situation, vous voulez sûrement la soutenir de votre mieux. Mais parfoi...

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09.04.24

L'infertilité inexpliquée peut-elle être d'ordre psychologique ?

Au fil des années, et pour l'avoir vécu, j'ai pu constater à quel point l'infertilité inexpliquée est une épreuve particulièrement difficile à traverser pour les couples qui y sont confrontés. Lorsque tous les bilans médicaux sont normaux mais que la grossesse tant désirée ne survient pas malgré des rapports sexuels réguliers, il est légitime de s'interroger sur une possible origine psychologique à ces difficultés à concevoir. Une même question traverse de nombreuses femmes confrontées à cette infertilité inexpliquée : "et si le problème était dans ma tête ?". C'est à cette interrogation que nous allons tenter de répondre dans cet article.

Infertilité inexpliquée : de quoi parle-t-on exactement ?

On parle d'infertilité lorsqu'un couple n'arrive pas à obtenir une grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. C'est une situation très déstabilisante pour les couples concernés. Ne pas avoir d'explication rationnelle, ne pas savoir pourquoi ce bébé tant désiré ne vient pas, c'est une véritable souffrance qui s'ajoute à celle de ne pas réussir à concevoir.

Face à ce constat, certains praticiens évoquent la possibilité de blocages psychologiques qui pourraient inconsciemment freiner la survenue d'une grossesse. On entend alors parler d'infertilité psychologique...

Mais l'infertilité psychologique existe-t-elle ?

La question de l'existence d'une infertilité d'origine purement psychologique reste controversée dans le milieu médical. S'il est indéniable que des facteurs psychologiques comme le stress, l'anxiété ou des traumatismes passés peuvent impacter négativement la fertilité, il serait réducteur et culpabilisant de penser que l'infertilité inexpliquée est uniquement "dans la tête". Cela viendrait légitimer toutes ces phrases insupportables que l'on entend bien trop souvent : " cela viendra lorsque tu arrêteras d'y penser", " partez en vacances ça va marcher"...

En réalité, les causes d'infertilité sont toujours multifactorielles, résultant d'une combinaison complexe de facteurs biologiques, environnementaux et psychologiques. Ne pas avoir d'explication rationnelle à ses difficultés à concevoir est une source de souffrance supplémentaire.

Plutôt que de parler d'infertilité psychologique, il serait donc plus juste d'évoquer l'impact des facteurs psychologiques sur la fertilité. Ces facteurs ne sont qu'une partie du puzzle et ne doivent pas occulter les causes médicales ou même environnementales. Une prise en charge globale, tant sur le plan physique que psychique, est essentielle pour accompagner au mieux les personnes confrontées à l'infertilité.

L'infertilité inexpliquée, une cause d'infertilité "fourre-tout" lorsque la médecine arrive à ses limites

Si la prise en compte des facteurs psychologiques dans le parcours d'infertilité est essentielle, la tentation est grande de faire de l'infertilité dite "inexpliquée" une cause fourre-tout quand aucune explication médicale n'est trouvée.

Pourtant, même lorsque les bilans médicaux sont normaux et que la science n'identifie pas d'entrave médicale à la fertilité, cela ne signifie pas pour autant que la cause de l'infertilité est psychologique. De nombreuses zones d'ombre subsistent et les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas toujours d'expliquer l'absence de grossesse. N'oublions pas que la fertilité a encore bien des mystères et qu'à situation égale, les chances de tomber enceinte ne le sont pas. Des carences micro nutritionnelles (comme l'iode, la vitamine d...) peuvent être contreproductives, le système immunitaire peut être en cause ou encore des bilans plus poussés de tyroïdes peuvent être nécessaires et parfois oui, des blocages inconscients peuvent entraver le chemin d'une maternité.

Les facteurs psychologiques peuvent-ils impacter la fertilité ?

S'il est vrai que le psychisme joue un rôle important dans le fonctionnement de notre corps, il serait réducteur et culpabilisant de penser que l'infertilité inexpliquée est uniquement d'origine psychologique. Pour autant, on ne peut nier l'influence de certains facteurs émotionnels et psychologiques sur les chances de concevoir :

  • Le stress et la charge mentale du quotidien peuvent perturber l'équilibre hormonal et l'ovulation chez la femme.
  • Des traumatismes passés non résolus (abus, violences, deuils...) peuvent inconsciemment bloquer le processus de procréation, par peur de revivre une expérience douloureuse.
  • Une enfance malheureuse, un manque d'amour parental peuvent créer des blessures profondes et des difficultés à s'autoriser à devenir parent à son tour.
  • Des conflits dans le couple, des non-dits, un désir d'enfant non partagé sont aussi des freins possibles.
  • La pression sociale et familiale autour du projet d'enfant est une source de stress supplémentaire.

Tous ces éléments, parfois inconscients, peuvent effectivement avoir un impact sur la fertilité et rendre le parcours vers la parentalité plus complexe. Cependant, il est crucial de se rappeler que l'infertilité a des causes multifactorielles. Les aspects psychologiques ne constituent qu'une partie du puzzle, tout comme les facteurs médicaux, environnementaux ou génétiques. Le bien-être mental, comme tout aspect de notre santé, peut être travaillé, éclairé et amélioré. Vous n'êtes pas dépourvu de solutions face à cette situation, et il est tout à fait possible de surmonter ces blocages inconscients !

Comment surmonter la dimension psychologique de l'infertilité inexpliquée ?

Même si elle n'explique pas tout, la souffrance psychologique liée à l'infertilité est bien réelle et il est important de la prendre en compte. Voici quelques pistes pour vous aider à traverser cette épreuve sur le plan émotionnel :

  • Osez en parler autour de vous, ne restez pas isolés. Le soutien de vos proches est précieux. Des associations et des groupes de parole existent aussi pour partager votre vécu avec d'autres couples concernés.
  • N'hésitez pas à consulter un thérapeute spécialisé en infertilité. Il pourra vous aider à mettre des mots sur vos émotions, à identifier d'éventuels blocages et à trouver des ressources pour mieux vivre cette période difficile.
  • Prenez soin de votre couple, communiquez, soutenez-vous mutuellement. L'infertilité est une épreuve qui peut souder ou fragiliser votre relation. Un suivi psychologique peut être bénéfique pour traverser cela ensemble.
  • Accordez-vous des moments de détente et de lâcher-prise, loin des courbes de température et des rendez-vous médicaux. Trouvez des activités ressourçantes qui vous font du bien.
  • Faites confiance à votre corps et à votre parcours. Votre chemin vers la parentalité est unique. Avoir recours à une aide médicale à la procréation comme la FIV n'est pas un échec, c'est une chance supplémentaire de réaliser votre rêve.

La thérapie NMO-EMDR pour résoudre les blocages psychologiques

Parmi les différentes approches thérapeutiques proposées aux personnes souffrant d'infertilité, la NMO-EMDR (Neurothérapie par les Mouvements Oculaires) apparaît comme une piste intéressante pour résoudre certains blocages psychologiques.

L'objectif est d'aider les patientes à identifier et à dépasser d'éventuels blocages inconscients liés à leur histoire personnelle : traumatismes passés non résolus, blessures d'enfance, peurs inconscientes de la maternité....

Bien sûr, cette thérapie ne constitue pas une solution miracle et ne peut se substituer à un suivi médical classique. Mais en complément d'une prise en charge globale, elle offre un espace pour mettre des mots sur ses souffrances et trouver des ressources pour mieux vivre cette épreuve. Un accompagnement précieux pour retrouver confiance en soi, en son corps et en son potentiel de fertilité.

Vous n'êtes pas seule

En conclusion, l'infertilité est une épreuve complexe qui fait intervenir de multiples facteurs, à la fois physiques et psychologiques. Si les causes médicales comme des problèmes au niveau des trompes ou trouble de l'ovulation sont souvent mises en avant, il ne faut pas négliger l'impact des facteurs psychologiques dans l'infertilité, sans pour autant y coller une étiquette d'infertilité psychologique. Le stress, l'anxiété, des traumatismes passés non résolus peuvent inconsciemment bloquer le processus de procréation et compliquer le parcours des couples en âge de procréer.

Pour autant, il serait culpabilisant de penser que l'infertilité inexpliquée est uniquement d'origine psychogène. Quand un couple consulte pour infertilité après 12 mois de rapports réguliers sans contraception et qu'aucune cause n'est identifiée, cela ne signifie pas que le problème est "dans leur tête". Les praticiens doivent faire preuve d'empathie et proposer un accompagnement global, tant sur le plan médical que psychologique pour les soutenir dans ce parcours du combattant.

L'Assistance Médicale à la Procréation (AMP) offre de précieuses chances supplémentaires de concevoir un bébé. Mais elle ne dispense pas d'une prise en charge des aspects émotionnels. Un suivi psychologique avant et pendant le parcours de PMA permet aux membres du couple de mettre des mots sur leur vécu, d'identifier d'éventuels blocages inconscients et de trouver des ressources pour mieux traverser cette période.

En parallèle des traitements, il est essentiel d'adopter une hygiène de vie favorable à la fertilité : gestion du stress, activités de loisirs ressourçantes, diminution de la consommation de tabac... Prendre soin de soi et de son couple est primordial. Avec un accompagnement médical et psychologique adapté, il est possible de surmonter les obstacles et de réaliser son rêve de fonder une famille. Gardez espoir et confiance en votre chemin vers la parentalité.

En tant que thérapeute, mon rôle est de vous accompagner sur le chemin de la parentalité en vous aidant à surmonter les défis psychologiques que vous rencontrez, sans jamais vous culpabiliser. Grâce à des outils comme l'EMDR, la NMO-EMDR ou le coaching féminin, je suis là pour vous aider à apaiser votre mental, à libérer votre potentiel de fertilité et à garder espoir.

Rappelez-vous que vous n'êtes pas seuls dans cette épreuve. Des professionnels sont à votre écoute pour vous épauler à chaque étape. Ensemble, nous trouverons les ressources nécessaires pour avancer vers ce bébé que vous désirez tant, à votre rythme et en respectant votre histoire. Gardez confiance, votre parcours a un sens même s'il est parfois douloureux. De beaux jours vous attendent, j'en suis convaincue.

Avec tout mon soutien,

Au fil des années, et pour l'avoir vécu, j'ai pu constater à quel point l'infertilité inexpliquée est une épreuve particulièrement difficile à traverser pour les couples qui y sont confrontés. Lorsque tous les bilans médic...

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