Accompagnement PMA et fertilité de référence

- 13 février 2023

L'impact des carences micronutritionnelles sur la fertilité

Nous allons commencer à aborder l'impact des carences micronutritionnelles liées à la prise d’une contraception oestroprogestative, pendant au moins six mois et leurs conséquences sur la fertilité, sur le développement du fœtus et sur le déroulement de la grossesse.

Nous développerons les informations, dans les cas où la carence en tel ou tel élément impacte la fertilité. Par la suite nous développerons l’impact de la contraception oestroprogestative sur la santé des cellules et celle d’un petit organite cellulaire, la mitochondrie.

Reprenons les définitions :

Qu'est-ce que l'infertilité ?

·       L’infertilité d’un couple hétérosexuel correspond à une difficulté à concevoir un enfant avec une absence de grossesse après 12 mois de rapports sexuels complets, réguliers (2 à 3 fois par semaine), sans contraception.

Qu'est-ce que la stérilité ?

·       La stérilité est l’incapacité d’un individu ou d’un couple hétérosexuel de concevoir naturellement un enfant.

 

L'impact de la pilule oestroprogestative sur les carences en minéraux

Commençons par les carences en minéraux induites par la prise de pilule oestroprogestative pendant six mois et plus.

Les minéraux sont essentiels à notre organisme, ils représentent 4% du poids corporel : certains sont présents en grande quantité, on parle de macro-éléments, d’autres le sont en petite quantité, on parle d'oligo-éléments.

L’alimentation nous apporte de l’eau, des macronutriments - lipides (graisses), glucides (sucres), protéines - et des minéraux - macro et oligo -, des vitamines, des molécules complexes antioxydantes…

  • Les macroéléments majeurs ou sels minéraux présents en quantités relativement élevées (de l’ordre de plusieurs grammes) sont le calcium - 1 à 1,2 kg, le chlore, le magnésium - 25 g, le phosphore - 700 g, le potassium - 150 à 170 g, le sodium.
  • Les oligo-éléments (ou éléments traces) présents en très petites quantités ou même à l’état de traces sont, le chrome - moins de 1 gramme, le cobalt (moins de 1 gramme), le cuivre, le fer (quelques grammes), le fluor (quelques grammes), l’iode, le manganèse, le molybdène, le sélénium, le vanadium, le zinc (quelques grammes).

 

Quelles sont les perturbations des minéraux liées à la prise de pilule contraceptive ?

L prise d'une pilule contraceptive chez la femme, conduit majoritairement à un déficit en Cr (le chrome), I (iode), Mg (magnésium), Mn (manganèse), Mo (molybdene), Se (sélénium), Zn (zinc), par augmentation des besoins et aussi d’un excès de Cu (cuivre). Certains minéraux jouent un rôle essentiel dans la fertilité.

 

Les carences

 

1° Le chrome, Cr, oligo-élément

Sa fonction : il intervient dans le métabolisme des glucides et des lipides.

La prise de la pilule contraceptive induit une diminution de la tolérance au glucose, une augmentation de la résistance à l’insuline, un risque de diabète de type 2 et d’hypercholestérolémie (donc de problèmes cardio-vasculaires).

La carence en chrome s’exprime par une perte de poids, une confusion, des troubles de la coordination.

 

2° L’iode, I, oligo-élément

Sa fonction : il intervient dans la synthèse des hormones thyroïdiennes avec de multiples cofacteurs (sélénium, zinc, magnésium, cortisone, vitamine D…) ; il est indispensable à une bonne fertilité.

La prise de pilule peut aggraver une hypothyroïdie préexistante, obligeant à augmenter le traitement en fonction de la TSH (hormone régulatrice de la glande thyroïde et aide à garantir le bon équilibre des hormones thyroïdiennes dans notre sang), elle diminue la transformation de T4 (hormone produite par la tyroïde) en T3 (hormone produite par la tyroïde forme active) et/ou favorise la formation de RT3 (forme reverse inactive) au détriment de T3.

La carence en iode se manifeste par une fatigue, une prise de poids, une chute des cheveux.

 

Savoir dépister les carences micronutrionnelles pour tomber enceinte

 

Dépister une carence en iode

Devant toute infertilité, même si le bilan sanguin thyroïdien est bon, je demande un dosage d’iode dans les urines de 24h. Cet examen n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie, il coûte environ 30 euros. Je pense qu’il doit pouvoir être fait sans ordonnance (en insistant un peu auprès du laboratoire) si vous ne trouvez pas de médecin pour le prescrire. Cet examen peu pratiqué en France, est méconnu de nombreux médecins même des endocrinologues qui sont même susceptibles de dire que cela ne présente aucun intérêt.  Peu de médecins français savent qu’un dosage de l’iode dans les urines de 24h, permet de mettre en évidence cette carence en iode si fréquente. Par contre, nos voisins les belges, auprès desquels j’ai appris l’existence de cet examen il y a une quinzaine d’années, la prescrivent dans tous les bilans thyroïdiens.

 

La thyroïde

La thyroïde est indispensable au bon fonctionnement global de l’organisme, notamment celui du cœur, celui du système nerveux et donc celui des organes reproducteurs. La thyroïde gère le métabolisme énergétique (des graisses, des sucres, des protéines), la température du corps, la vigilance, le transit digestif, la croissance osseuse, le développement du système nerveux...

 

L’iode

La thyroïde a besoin d’iode [1] pour fonctionner. L’iode intervient dans la synthèse des hormones thyroïdiennes avec de multiples co-facteurs (sélenium, zinc, magnésium, cortisone, vitamine D…). L'iode est indispensable à une bonne fertilité. Une carence ou un excès d’iode perturbent la synthèse et la sécrétion des hormones thyroïdiennes, ce qui va affecter l’ensemble de l’organisme.

 

La carence en iode

La prise de pilule oestroprogestative perturbe le métabolisme de l’iode. Elle peut aggraver une hypothyroïdie existante et obliger à augmenter le traitement. Elle peut être à l’origine d’une carence en iode qui risque fort d’être et de rester méconnue du fait d’un bilan thyroïdien sanguin normal, si l’on ne pratique pas le dosage de l’iode dans les urines de 24h.

La carence en iode concerne plus de 3 millions de françaises et français, avec plus de femmes que d’hommes.

 

Quels sont les symptômes d'une carence en iode chez la femme ?

Une carence en iode se manifeste chez la femme, par les symptômes suivants :

  • une fatigue
  • une déprime
  • une constipation
  • une prise de poids ou une difficulté à perdre du poids
  • une chute des cheveux
  • une peau sèche

Ce sont tous des signes d’hypothyroïdie qui (même si le dosage sanguin de la TSHus est normal) sont prédictifs d’une insuffisance thyroïdienne à venir (dans quelques mois ou années), au cours de laquelle le bilan sanguin thyroïdien se perturbera avec une TSHus augmentée. Traiter une carence en iode permet d’anticiper, de freiner voire d’empêcher l’installation à distance d’une hypothyroïdie. C’est un réel geste préventif.

 

Carence en iode, thyroïde, infertilité, atteinte fœtale

La carence en iode liée à la prise de pilule oestroprogestative et/ou à des insuffisances d’apport alimentaire et/ou à une exposition in utero à des perturbateurs endocriniens peuvent affecter le métabolisme de la thyroïde fœtale et être responsable de fausses-couches à répétition. Si la grossesse se poursuit, elle peut impacter sur le développement cérébral du foetus avec une diminution du QI - quotient intellectuel -, un autisme, des troubles du comportement ou de l’attention par la suite. Les perturbateurs environnementaux endocriniens ayant un tropisme particulier pour la thyroïde sont les PCB, des dioxines, des phtalates, des retardateurs de flamme bromés, RFB, le bisphénol A, le triclosan, des parabènes, le mercure et tant d’autres...

Sachant le lien primordial entre l’équilibre thyroïdien et le neurodéveloppement de l’enfant in utero, il y a lieu d’être particulièrement vigilant pendant la grossesse et en vue d’une grossesse.

 

Tableau des valeurs de la iodurie des 24h, selon le Dr Philippe Véroli [2]

Valeurs de la iodurie des 24h
Valeur normale selon l’OMS ≥ 100 µg/litre
Pour un fonctionnement optimal de la thyroïde
Valeur moyenne souhaitée 150 µg/litre
Limite basse acceptable 110 µg/litre
Limite haute acceptable 300 µg/litre
Valeurs pathologiques
Carence modérée en iode < 50 µg/litre
Carence sévère en iode < 20 µg/litre
Surcharge avérée en iode > 300 µg/litre

 

Les traitements contre les carences en iode

Je traite par l’iode toutes les femmes en dessous de 150 microgrammes/l par de l’iode marin en comprimé (un ou deux comprimés par jour) ou des ampoules de granions d’iode (une ou deux ampoules par jour) ou via des compléments alimentaires spécifiques. La posologie dépend du taux d’iode dans les urines. Puis, une fois le bon taux restauré, je contrôle tous les six mois. Car attention, une fois rétabli, le taux d’iode ne demande qu’à redescendre si vous n’êtes pas attentive à augmenter vos apports alimentaires.

L’alimentation pour combler les carences en iode

La source d’iode pour l’humain est alimentaire. Les aliments les plus riches en iode sont la crevette, la moule, le maquereau, le cabillaud et le homard. Le contenu en iode des aliments varie selon les régions et les saisons. On le trouve aussi dans les algues marines, dans les légumes qui poussent sur des sols iodés. Attention à l’automédication notamment avec les algues comme le fucus.

En France, la carence en iode qui touche une grande partie de la population est reconnue depuis les années 1950. Le banal sel de table et de cuisine, vendu partout, est enrichi en iode depuis 1952, décision étonnante, à cette époque, de santé publique. Les sels marins à la mode, dont celui de Guérande, n’en contiennent malheureusement que des traces. Mais attention, trop de sel est aussi nuisible pour la santé cardiovasculaire ce qu’on ne savait pas dans les années 1950… Aussi, mieux vaut-il se rapprocher d’un médecin averti. De nombreux ouvrages sur le sujet de l’hypothyroïdie masquée ou fruste et de la carence en iode sont sortis ces dernières années.

 

Témoignage de Sophie, 41 ans endométriose et thyroïde et vitamine D

Lorsque j’ai démarré une prise en charge naturelle de mon endométriose en décembre 2015, j'étais au plus bas psychologiquement. Après une fausse couche et de nombreuses tentatives infructueuses, on venait de me diagnostiquer une endométriose qu’il fallait opérer. J'étais également suivie à l’hôpital pour un parcours PMA.

En tout premier lieu, j’ai stoppé la consommation de produits laitiers. J’ai pris de la vitamine D et de l’iode marin, les examens montrant des taux extrêmement bas. J’ai démarré un traitement naturel de l’endométriose avec des plantes et de l’homéopathie. Je suis allée consulter pour des séances d'ostéopathie interne afin de préparer l'utérus à la PMA.  Je me suis occupée de mon moral en rencontrant une psychologue spécialisée en infertilité qui pratique aussi l’équithérapie.

J'ai suivi scrupuleusement tous les conseils qui m’avaient été prodigués... Et si aujourd'hui, après une seule tentative FIV et à 41 ans je suis enceinte, je sais que c'est aussi parce que j’ai cherché ailleurs chez des personnes averties des conseils et des solutions complémentaires.

Si vous souhaitez bénéficier d'un accompagnement dans votre parcours PMA, contactez Célia Dauphin, Coach Fertilité et Fondatrice d'Odyssée Fertile.

 

Bibliographie

Hypothyroïdie, nouvelles pistes thérapeutiques, Raul Vergini, Editions Macro, 2019

Aliments pour une thyroïde efficace, Simone Grazioli Schagerl, Editions Macron 2018

Traiter naturellement l’hypothyroïdie, Raul Vergini, Editions Macro, 2017

Les dérèglements de la thyroïde, c’est fini, Isabelle Doumenc, Editions Jouvence, 2017

La crise de l’iode, Lynne Farrow, Editions Dangles, 2017

Les dérèglements de la thyroïde, c’est fini, Isabelle Doumenc, Editions Jouvence, 2017

Protéger et soigner sa thyroïde, Pierre Nys, Editions Leduc, 2016

Thyroïde, les solutions naturelles, Philippe Veroli, Editions Thierry Souccar, 2016

Thyroïde, Enfin le traitement qui sauve, Caroline Lepage, Editions le Poche du moment, 2015

En finir avec l’hypothyroïdie, Benoît Claeys, Editions Thierry Souccar, 2015

 

[1] Le dosage de l’iode dans les urines de 24h, peu pratiqué en France, permet de savoir si l’iode est en carence ou en excès dans l’organisme

[2] Thyroïde, les solutions naturelles, Philippe Véroli, Editions Souccar, 2016

Bérengère Arnal

,

Médecin de la femme

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